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Sábado, 29/03/2008

Le dernier couplet / El último cuplé

Pi Parma

Tire-bouchon et π sur fond parme : RGB=(207,160,233) —— Sacacorchos y π sobre fondo parma: RGB=(207,160,233)
© Photo: PabloNSN

Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m’est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d’alcoolémie. Il s’agissait de l’extrait suivant :

« Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages ! / Immortel Archimède, artiste, ingénieur, / Qui de ton jugement peut priser la valeur ? / Pour moi ton problème eut de pareils avantages… ».

Et quand j’expliquais que le nombre de lettres de chaque mot du poème correspondait à une décimale de π (3,1415926535 / 8979 / 32384626 / 43383279…), je remportais d’habitude un grand succès auprès de mes auditeurs qui m’applaudissaient et se mettaient à écrire amusés ces chiffres sur les nappes en papier du bistrot du coin, qu’on appelait le Parme parce que tout était en cette couleur : les nappes, les serviettes, l’uniforme des serveurs et les carreaux des torchons.

Ces soirs-là, il y avait souvent Isolde, qui vivait à Bruxelles avec Xave qui, d’après elle, se plaignait tout le temps qu’il fait froid dehors : c’est pourquoi elle aimait tant venir nous voir, parce que ça lui faisait du bien et que ça la rendait badine et rieuse. Elle apportait à chaque fois, avec cette générosité qu’on appréciait tant en elle, deux ou trois caisses de Brangäne, un vin belge qui peut se comporter, à en croire les conditions générales de vente qui l’accompagnent, “comme philtre d’amour ou comme filtre de mort”. Nous en prenions une bouteille et l’ouvrions délicatement dans la chambre à coucher avec un tire-bouchon en argent et en buvant ce breuvage, je promettais à chaque fois à Isolde que le 6 avril prochain, entre midi et treize heures, je m’arrêterais un moment lui dire bonjour au bord de la Seine, si elle voulait bien venir me voir agoniser aux derniers kilomètres du marathon de Paris.

Algunas noches, para hacerme el interesante, llegué a subirme a una silla, a envolverme en un paño a cuadros y a declamar un puñado de versos con arrebatos de lirismo proporcionales a mi índice de alcoholemia. Se trataba del extracto siguiente:

« Soy y seré a todos definible, / mi nombre tengo que daros, / cociente diametral siempre inmedible / soy de los redondos aros… ».

Y cuando les explicaba que el número de letras de cada palabra del poema correspondía a un decimal de π (3,14159 / 26535 / 8979 / 32384…), obtenía por lo general un gran éxito entre mis espectadores, que me aplaudían y se ponían a escribir, divertidos, estas cifras en los manteles de papel del café-restaurante de la esquina, apodado el Parma porque todo en él era de ese color: los manteles, las servilletas, el uniforme de los camareros y los cuadros de los paños de cocina.

Esas noches, solía estar Isolda, quien vivía en Bruselas con Xave, el cual, según ella, se andaba siempre quejando de que hace frío fuera : razón por la cual a ella le gustaba tanto venir a vernos, porque le hacía mucho bien y la volvía jocosa y sonriente. Isolda traía cada vez, con esa generosidad que tanto apreciábamos en ella, dos o tres cajas de Brangania, un vino belga que puede comportarse, si hay que creer en lo que dicen las condiciones generales de venta que lo acompañan, “como filtro de amor o como filtro de muerte”. Nos cogíamos una botella y la abríamos delicadamente en el dormitorio con un sacacorchos de plata y, mientras bebíamos ese brevaje, le prometía cada vez a Isolda que el próximo 6 de abril, entre las doce y la una de la tarde, me detendría un momento para saludarla al borde del Sena, si tenía a bien venir a verme agonizar en los últimos kilómetros del maratón de París

 

Ce texte est une fiction qui constitue ma participation à la cinquième séance du Jeu du Sablier du Printemps, à partir de l’amorce (le premier paragraphe) proposée par Alexandre (du blog Le Royaume du Quotidien). Cette participation est couplée avec ma contribution au Dis-Moi Dix Mots (les dix mots ou expressions obligatoires sont en gras dans le texte).

Este texto es una ficción escrita en el marco de la quinta sesión del Juego del Reloj de Arena de Primavera, a partir de un texto inicial (el primer párrafo) propuesto por Alexandre (del blog Le Royaume du Quotidien). Esta participación está emparejada (”couplée”) con mi contribución al Dime Diez Palabras (las diez palabras o expresiones obligatorias figuran en negrita en el texto).

P.S. (30 mars). “El último cuplé” est un film avec Sara Montiel, où elle interprète de très célèbres chansons comme “Fumando espero” (”En fumant, j’attends”) (voir YouTube) – mais aucun couplet sur le nombre π.

P.S. (30 mars). “El último cuplé” hace referencia, obviamente, a la película con Sara Montiel, en la que interpreta celebérrimas canciones como “Fumando espero” (ver YouTube) – aunque ningún cuplé sobre el número π.

P.P.S (30 mars). L’amorce provient de Réhabilitons un grand auteur, un texte satirique de M. LeChieur sur une chanson de Pascal Obispo.

P.P.S. (30 de marzo). El párrafo inicial proviene del post Rehabilitemos a un gran autor, un texto satírico de M. LeChieur sobre una canción de Pascal Obispo.

2 Comentarios »

  1. Le premier couplet il est bien, mais j’aimerais surtout connaître la dernière rime ;-)

    Jolie performance que de combiner les deux contraintes ! Bravo.

    Comentario por Franck — Sábado, 29/03/2008 @ 12:10

  2. Franck, en fait j’ignore si on sait répondre à la question suivante : étant donné une phrase quelconque dont les mots possèdent dix lettres au maximum (c’est à dire, étant donné une suite finie quelconque de nombres compris entre 0 et 9), existe-t-il une séquence de décimales consécutives de π correspondant à cette phrase (c-à-d : existe-il-il dans l’expansion décimale de π une séquence égale à la suite donné) ? C’est une autre façon d’interpréter ce que tu demandes ;-) ;-)

    Comentario por PabloSolitude — Domingo, 30/03/2008 @ 13:30

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