L’Heure Bleue / La Hora Azul
© Photo: PabloNSN (*)
|
Il est trois heures du matin, je n’arrive pas à dormir. |
Son las tres de la mañana, no consigo dormir. |
|
J’entends le bruit de la mer, des vagues qui s’écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leurs larmes les pierres insensibles. |
Oigo el ruido del mar, olas que se estrellan contra el acantilado suspirando, royendo con sus lágrimas las piedras insensibles. |
|
J’entends le grondement lointain d’une mouette, le battement de ses ailes qui fendent l’air en murmurant, en composant un sanglot qui se perd dans le vent. |
Oigo el gruñido lejano de una gaviota, el batir de sus alas que rasgan el aire murmurando, componiendo un sollozo que se pierde en el viento. |
|
J’entends le ronron d’un moteur, un bâteau de pêche qui s’éloigne de la côte en geignant, en traçant dans la mer un chemin qui s’efface sans empreintes. |
Oigo el ronroneo de un motor, un barco de pesca que se aleja de la costa gimiendo, trazando un camino que se borra sin huellas. |
|
Il est quatre heures du matin, je n’arrive pas à dormir, je prépare un café, j’ouvre grand la fenêtre, je prends un plaid pour couvrir mes épaules. |
Son las cuatro de la mañana, no consigo dormir, preparo un café, abro de par en par la ventana, busco una manta con que cubrirme los hombros. |
|
Le vent se calme, la mouette s’endort, le bâteau gagne le large, le ciel est moins noir. De faibles rumeurs. Une chouette qui hulule ? Les pas d’un renard sur le chemin entre les arbres ? Un grésillement évanescent. |
El viento se calma, la gaviota se duerme, el barco se hace mar adentro, el cielo es menos negro. Débiles rumores. ¿Una lechuza que ulula? ¿Los pasos de un zorro en el camino entre los árboles? Un crujir evanescente. |
|
Et tout d’un coup… Plus de vent, plus de vagues, plus de bruit, plus un son. Je retiens mon souffle, mon coeur s’arrête. |
Y de repente… Ni un soplo de viento, ni una ola, ni un ruido, ni un sonido. Contengo la respiración, mi corazón se para. |
|
L’Heure Bleue (silence). |
La Hora Azul (silencio). |
|
… |
… |
|
Trente secondes. |
Treinta segundos. |
|
… |
… |
|
Et puis, l’aube. Le chant perplexe du premier oiseau. Reviennent mes craintes, mes peurs, mes misères. Et les vagues qui soupirent et les pleurs de la mer et du vent et leurs ondes harmoniques. |
Y entonces el alba. El canto perplejo del primer pájaro. Vuelven mis temores, mis miedos, mis miserias. Y las olas que suspiran y los llantos del mar y del viento y sus ondas harmónicas. |
|
|
|
Texte écrit dans le cadre de la troisième séance du Jeu du Sablier du Printemps, à partir de l’amorce (les deux premières phrases) proposée par Otir (du blog Un jour à la fois). Mise à jour (28 mars). L’amorce provient du blog de Zoridae, De la sexualité des araignées, extraite du billet “Au bord de la mer” sur les états d’âme d’une adolescente. (Les solutions des autres joueurs, ici). |
Texto escrito en el marco de la tercera sesión del Juego del Reloj de Arena de Primavera, a partir del fragmento inicial (las dos primeras frases) propuesto por Otir (del blog Un jour à la fois). Actualización (28 de marzo). El fragmento inicial proviene del blog de Zoridae, De la sexualité des araignées, extraído de su post “Au bord de la mer”, sobre los sentimientos contradictorios de una adolescente. (Las soluciones de los otros jugadores, aquí). |
|
(*) Photo : Saint-Malo, 10 juin 2007 à 13:58 et 13:59. J’ai pris cette panoramique [il faut cliquer dessus pour la voir en grand, 6390x1230 pixels, avec tous les détails], le lendemain de mon troisième marathon (celui du Mont Saint-Michel) en pensant à Traou, bretonne que je rencontrerais pour la première fois un peu plus tard dans la journée, à Paris ; et à laquelle je dédie, affectueusement, ce texte qu’elle m’a inspiré en partie. |
(*) Foto : Saint-Malo, 10 de junio de 2007 a las 13:58 y 13:59. Tomé esta panorámica [hay que hacer click encima para verla en grande, 6390x1230 píxeles, con todos los detalles] al día siguiente de mi tercer maratón (el del Mont Saint-Michel), pensando en Traou, con la que me encontraría por vez primera un poco después, en París, ese mismo día; y a quien dedico, afectuosamente, este texto que en parte me ha inspirado ella. |

Magnifique texte, Pablo. Qui me touche infiniment.
Je me l’imprime en espagnol (en français aussi) pour la musique des mots qui me parlent de chez moi dans ta si belle langue.
Comentario por Traou — Jueves, 27/03/2008 @ 16:08
Pablo, me salen los cuadriculados estos del lateral sobre el texto en español y no leo un pijo…bueno sí…pero en francés.
precioso texto…qué alegría que amaneció!!
¿apnea quizá?(ale, ya le he quitao el encanto con la coña).
besitos.
Comentario por sylvie — Jueves, 27/03/2008 @ 18:39
Traou, comme j’ai ajouté à la dédicace de la fin, c’est toi (et tes récits d’insomnies bretonnes) qui m’ont inspiré en partie, donc merci !
Sylvie ! , gracias por decírmelo, seguramente tenías una resolución de 800 x 600 y no había pensado que mi diseño en dos columnas exigía una resolución superior (de 1024 x 768 o mayor). Así que he cambiado un pequeño parámetro en todas las entradas para que las columnas sean de anchura variable y no fija, y no volverá a pasar en el futuro !
Comentario por PabloSolitude — Viernes, 28/03/2008 @ 18:51
Quel beau texte, Pablo, cette heure bleue solitaire est à la fois nostalgique et apaisante… Merci
Comentario por Agaagla — Sábado, 29/03/2008 @ 15:25
Merci, Agaagla, j’ai essayé d’exprimer les premières émotions que l’amorce a évoquées en moi…
Comentario por PabloSolitude — Domingo, 30/03/2008 @ 13:17